C'est compliqué :

Contrairement aux catholiques, il n'y a pas de doctrine officielle, il s'apparente en cela au protestantisme, le protestantisme encourage chacun à avoir sa propre lecture du texte.

La théologie est plus fonction des mouvances politiques qui le traversent, que d'une idéologie précise.

De fait, la base actuelle de l'Islam est le Coran d'Uthman, Les Juifs, un peu chafoins, et au fait de la genèse de cette religion, parle même de la religion d'Uthman, Mais il est désormais reconnu par tous les musulmans, même les chiites, faute de disposer des versets d'Ali (leur leader) et ceux de Ibn Massoud, détruits par Uthman pour les marginaliser.

C'est compliqué, car ce Coran dit tout et son contraire. Certains exégètes prétendent que lorsque deux versets se contredisent, c'est le plus récent qui prévaut, "abrogeant" le plus ancien. Mais les spécialistes, précisent que cette notion d' "abrogation" des textes plus anciens ne vaut que pour la Bible et les Evangiles, le Coran représentant la dernière et plus récente révélation d'Allah, étant revenu sur ce qu'il avait révélé aux humains auparavant... mais ceci ne vaudrait pas pour le Coran à prendre dans son intégralité sans aucune abrogation.

Donc lorsque deux versets se contredisent, il faut interpréter celui qui convient le mieux à la situation donné, Cela donne à chacun une certaine latitude d'interprétation, et donc d'action, en regard. Là où ça se corse (disait Napoléon), c'est que chaque courant de l'Islam met plus particulièrement l'accent sur tels ou tels versets. Même les pays appliquant la charria, l'applique plus ou moins à la lettre ( On ne lapide, ou ne tranche plus forcément les mains selon).

BREF ! Il est difficile de dégager des grands principes fondamentaux. Mais donc s'il n'est pas possible d'interpeller d'instances centralisatrice de la foi, on peut tenter d'interpeller les croyants au coup par coup sur leurs principes. En terre Laïque ça passe très bien : Le croyant apprécie généralement qu'on lui cite un ou deux versets (preuve qu'on respecte sa religion), surtout si ce sont des versets qui lui renvoie une image positive de sa religion (tolérance, miséricorde, clémence).

Mais essayons quand même. et re-précisons de suite qu'il s'agit d'une évaluation non musulmane (maints courants considèrent qu'une "évaluation" de sa propre religion serait en soi une hérésie). Mais par définition, un non croyant peut le faire en terre laïque : ne vous y risquez pas en Egypte, Iran, ou Pakisrtan (ça peut aller jusqu'à la peine de mort).

Il est utile ici de rappeler les critères d'évaluation retenus ici :

  1. L'adaptabilité du dogme face aux révélations de la science moderne.
  2. La tolérance face aux non-croyants.

1. Face à la Science

L'Islam classique (700-1300 ap JC) a été une grande civilisation scientifique.

L'Islam a d'abord été relativement tolérante vis à vis des peuples conquis, incorporant leurs savoirs à leur approche plus pragmatique que théologique des choses.
Deux grands principes à l'approche du savoir :

  1. L'érudition se doit d'embrasser tous les savoirs, tant scientifiques, politiques, économiques, philosophiques et théologiques, sans préséance. Ce qui n'empêche en rien de se spécialiser dans un domaine aussi.
  2. Le savoir se doit d'amener quelque chose de concrètement positif à la société (et/ou aux mécènes qui sont en charge de son administration).

De fait cette civilisation va reprendre à son compte les savoirs grecs, romains, mésopotamiens, perses, égyptiens, etc. puis les développer. Mais la complexifications des savoirs va amener chaque discipline a être de plus en plus éloignée des autres. A son apogée, certains philosophes iront jusqu'à prôner le nécessité pour la philosophie de prendre un recul extériorisé vis à vis des autres disciplines, afin que sa pensée ne soit pas polluée par son intrication avec ces dernières.

Mais les défaites contre les croisés et les mongols vont faire croire qu'Allah avait abandonné ses ouailles par manque de ferveur, d'où un retour en force de la théoloqie dans les sciences, qui se voient alors inféodées à elle. marquant ainsi une limite à une trop grande spécialisation des savoirs (devant rester accessible aux théologiens), tant en philosophie, économie, politique, etc..

Néanmoins, l'abord des sciences restera toujours assez pragmatique, si l'on excepte les sciences sociales et philosophiques. Tout de même, ce retour de la théologie entrainera certaines dérives "créationnistes" dues au manque de recul de certains face  à une lecture trop littérale de la bible (comme chez certains chrétiens).

De fait, l'Islam traverse désormais une crise du "savoir", non seulement par son encadrement théologique, mais aussi surtout par l'avance pris par l'occident du fait. Les savants occidentaux passent pour des agnostiques, quasiment pour des mécréants quoi, et par amalgame la science s'en retrouve plus ou moins diabolisée (un chemin qui écarterait de la foi !).

Le pragmatisme reste de mise, mais avec une défiance certaine, plus ou moins marquée suivant les domaines.

2. Allah "Le Clément", "Le Miséricordieux" : Ce sont quand même deux NOMS PROPRES affectés à Allah.

En effet, la miséricorde d'Allah s'étend à TOUTE sa création ("Ma miséricorde embrasse toute chose" Coran 7:156), et Il est souvent stipulé qu'elle s'applique aux humains (sans distinction, et parfois il est fait aussi mention de "fidèles" en circonstances particulières), et même le mécréant en fait partie : Là faut argumenter serré, vu ce que le Coran dit des mécréants par ailleurs.

Notons que le Coran a été écrit à une époque où les gens étaient encore à convertir, donc tout postulant potentiel a droit à tous les égards à priori (vous sentez bien que vous ne pouvez pas encore vous engager, vous êtes un peu négligent à l'étude du Coran je le sens bien, et donc pas encore assez digne d'être musulman). Notons donc au passage que le musulman de "naissance" devra suivre le Coran à la lettre durant toute sa vie pour mériter son paradis, alors que le converti y a droit d'emblée (même s'il se convertit sincèrement 5 mn avant sa mort, franchement pas juste !).

Pour être très précis, La mansuétude d'Allah (et des musulmans donc) s'étend à TOUS les humains durant cette vie, mais ne sera réservé qu'aux croyants du livre dans l'au delà. 1 % ici bas et 99 % dans l'au delà ( Mais 1 % de l'infini, c'est déjà considérable !)

Donc aussi la miséricorde divine sourit aux miséricordieux eux même : "Le Miséricordieux (Allah) fera preuve de miséricorde envers les gens qui sont compatissants et cléments. Soyez cléments envers ceux qui sont sur terre et Celui qui est au-dessus des cieux vous fera Miséricorde."

A priori, le musulman se doit d'être clément et miséricordieux à l'image de sa Déité, et rien n'indique que cela ne s'applique pas à tous en tant que faisant partie de la création, et tout spécialement donc à vous si vous êtes aussi miséricordieux.

Attention ! Le musulman ne tend pas l'autre joue (faut pas déconner !) : "Allah ne sera pas miséricordieux avec quelqu’un qui n’est pas compatissant envers les gens." (et le musulman aura tendance à suivre, du fait les musulmans ne sont plus trop enclin à la clémence envers les chrétiens -et occidentaux- depuis les croisades : Faut pas hésiter à dire que c'était indigne de bons chrétiens et surtout qu'il ne faut pas mettre tous les chrétiens -et/ou occidentaux- dans le même sac : Les aventurier croisés allant chercher fortune et nouveaux fiefs en terre saintes d'un coté, et paisibles chrétiens restés cultiver leur miséricorde au pays de l'autre).

N'hésitez pas à faire valoir que la clémence d'Allah est sur vous, et qu"il ne conviendrait pas à un musulman d'aller contre la volonté d'Allah...

A ceux qui seraient tentés d'aller contre, en prétendant que vous êtes sous le coup de la colère divine, rappelez leur que "En vérité, Ma miséricorde a le dessus sur Mon châtiment", et qu'il ne conviendrait pas pour un musulman d'outrepasser ce précepte qu'Allah vous accorde LUI-même.

En résumé, à priori, il n'y a rien à craindre des musulmans de bases et de l'Islam, Seuls quelques Djiadistes allumés, considérant qu'on les a agressés (manque de miséricorde envers eux ouvrant le droit -et devoir ?- à une riposte sans miséricorde). Mais encore une fois, tout dépend de l'interprétation de textes contraires de tel ou tel groupe.

Ceci est valable en occident, mais la pratique dans certains pays "islamites" est très loin de ces principes de base, à priori en tant qu'occidental vous avez droit à une certaine tolérance, mais renseignez vous bien avant de partir, et sur les lois en vigueur, et surtout sur l'humeur du moment.

3. L'humain est un pêcheur :

Comme chez les chrétiens ? Non !...

Allah ne s'est pas sacrifié pour nos péchés dans l'Islam, et donc il n'y a pas à souffrir pour payer les souffrance de Jésus en retour : Sur le fond c'est beaucoup moins masochiste (bon on verra toujours des tordus pour se fouetter au sang, mais c'est pas vraiment dans le contrat initial).

Allah considère donc aussi que l'humain n'a pas à être parfait,  et est même d'une bonne volonté manifeste pour nous en excuser (plus que l'autre) : "Je lui pardonne pour la troisième fois. Qu’il fasse ce qu’il veut, Je lui accorde d’avance le pardon" . Franchement, on peut pas mieux, Il suffit juste de se repentir sincèrement de ses mauvaises actions.

Et il est clair qu'il n'y a pas de péché originel : Allah nous aurait fait ainsi, et ya pas à chercher plus loin. ET IL assume tellement qu'il est dit même : "Si les êtres humains ne commettaient pas de péchés, Dieu créerait d’autres créatures qui commettraient des péchés pour ensuite les leur pardonner" . C'est quasiment une jublialtion pour Lui, que nous Lui permettrions d'assouvir (bon s"agirait quand même d'être sincère à minima). Un vrai régal : La culpabilisation et contrition perverse chrétienne sont bien loin.

En fait, l'Islam moyennement pratiqué en terre laïque, ça pourrait-être presque sympa de ce coté là (Vous ne reconnaissez pas L'Islam là de dans ? Ah bon? mais voir donc aussi le contre)

perdu ? la carte aux trésors

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