Ce qui frappe tout d'abord dans le Coran, chez le non croyant, c'est son coté fouilli, fourre tout, et surtout contradictoire.

Après tout pourquoi pas, ça laisserait plus de place à l'interprétation donc au libre arbitre.

Mais voilà, maints versets sont extrêmement précis quand à la vie quotidienne, et les sanctions applicables pour tel ou tel acte, et sont difficilement éludables. Le pire étant qu'ils se réfèrent à une vie moyenageuse qui sont anachroniques désormais : des sourates entières dissertent de la façon de traiter ses esclaves (!) Nonobstant l'anachronisme patent, ça laisse entendre qu'Allah cautionne, voir sponsorise l'esclavage... La vie familiale y est codifié de façon clairement patriarcale jusqu'à la caricature.
Encore le monde musulman traiterait du texte comme un document ancien, à prendre avec un recul moderne, voir avec un sens  métaphorique au delà des mots, ça passerait. Mais visiblement non, la tendance est à rester scotché à la virgule près...

Et vu sous cet angle, ça devient souvent atterrant. Surtout lorsque ça sert de base juridique dans une charia : Nonobstant la charia ne fait pas partie du Coran, elle n'a été réécrite que 200 ans plus tard à partir du Coran et de coutumes locales prétendument issues du Coran, mais elle existe et a été plus ou moins intégrée au Coran dans certaines régions.

1. Les anachronismes :

  1. On passera en vitesse sur l'esclavage, en notant néanmoins que cela pose problème encore lorsque des potentats musulmans viennent en France avec leur aéropage qui comprend parfois ce que l'on ne peut qualifier que comme des esclaves (personnes nourries, logées, pour travailler sans salaire, et sans possibilité de partir de leur plein gré). Régulièrement elles cherchent à s'échapper durant leur séjour.
  2. La charia donc : mains coupées aux voleurs, lapidation de femmes infidèles (et pas les hommes !), peine de mort pour blasphème, interdiction de quitter l'Islam pour une autre confession... quasi soumission de la femme dans le mariage avec sa répudiation possible sans autre forme de procès quasiment (et pas l'homme), Nobostant la femme est une espèce de marchandise ayant pour fonction dans la famille de procréer et d'objet de jouisssance pour l'homme... En règle général elle n'a droit qu'à la moitié de la part de l'homme (héritage, sanctions -x 2- ,etc.) etc. etc.

Soyons clairs, si la chrétienté avait codifié religieusement les coutumes du moyen age, on n'en serait pas loin. Il y avait les serfs, le statut de la femme n'était guère plus reluisant, et les sanctions tout aussi barbares. Sauf que ce n'était dans les textes fondateurs (sauf la bible secondaire), et c'est demeuré coutumier donc succeptibles d'évolutions sociétales : Ouf !
Mais l'Islam en reste tributairement moyennageuse.

l'Islam peut-il s'en affranchir  en prenant ses distances avec le texte ?

2. La genèse du texte : (repris de "épistémologie génétique des religions")

Mahomet, analphabète, ne l'a pas écrit (pas plus que Jésus les évangiles). Des dissiples, trié sur le volet par les Califes, en place à ce moment là, s'en sont chargé pour Eux (Califes ou Mahomet ?), parfois par approximation dévoyant le fond de Sa Pensée. Justement, il est dit de façon très claire, qu'il n'existe aucun manuscrit original du Coran : Le Coran, fut retenu de mémoire par les premiers musulmans et noté par des scribes sur divers supports tels que des morceaux de bois ou des os de chameau. Après la mort de Mahomet, le premier Calife Abou Bakr (632-634) fit noter les sourates "connues", par des scribes comme le calligraphe Zayd ibn Thabit, secrétaire Juif du Prophète Mahomet qui connaissait le Syriaque et l'Akkadien (les légendes Juives et Assyriennes ont pu ainsi transpirer dans ses retranscriptions de partir de ses souvenirs: telle ou telle parole de Mahomet lui rappelant plus ou moins telle ou telle légende Assyrienne,ou Juive : n'oublions pas que  la culture arabe était alors imprégnée de ces légandes) le chargeant de présider une commission de copistes composée de : Abd-Allâh ibn Az-Zoubayr, Sa`îd ibn Al-`Âs et `Abd Ar-Rahmân ibn Al-Hârith ibn Hichâm, 3 Qoraychites proches d’Othman. Plus tard, le troisième Calife Othman (644-656) ordonna la recension des sourates (chapitres) en un livre avec l'aide des quatre plus grands érudits de l'époque en matière coranique. La version définitive du Coran, établie à Médine en 651 et connue sous le nom de Mushaf d'Othman, fut déclarée seule version faisant autorité, annulant toutes les autres,' avec ordre de détruire les autres traces écrites qui auraient pu subsister de manière à ce qu’il n’existe qu’une version du texte sacré.

En particulier celles de Ali et Ibn Massoud, qui contenaient trois fois plus de versets que la version d' Othman. tous deux étaient des proches de Mahomet himself, au point qu'Ali  (protégé, cousin, frère spirituel, disciple et gendre de Mahomet : excusons du peu) fut désigné premier Imam de l'Islam. Ibn Massoud fut le premier à initier l'enseignement coranique, et son Coran courrait encore sous le manteau trois siècles après celui d' Othman. A suivre : des fragments de ces Corans ressurgissent à l'heure actuelle...

De plus, Mahomet n'a jamais validé le respect de ce texte précisement, n'étant pas encore écrit en la forme... Mieux, analphabète lui-même, il avait conçu au contraire que le coran soit transmis oralement par les musulmans, et devaient en celà l'apprendre par coeur en sept langues (!), sans doute pour convertir le plus de monde posssible. Bref l'idolatrie du Livre est une quasi hérésie face à la volonté initiale de Mahomet. On put se racrocher aux branches en disant que c'est une concession pratique à la modernité de l'époque (l'écriture), mais celà veut alors dire que la parole divine peut faire des concessions pratiques à la modernité... Mais aussi la tradition orale, voulue par Mahomet, conrespondait-elle aussi à un dessein visant à ce que la parole s'adapte aux fils des humeurs du temps ? (Principe du téléphone arabe)

Soit dit en passant, Othman (protégé de la dernière femme de Mahomet) était un vrai despote népotique qui ne supportait pas la contradiction, et assit justement son pouvoir en tranchant joyeusement dans les versions du Coran des partisants de ceux qui pouvaient lui porter ombrage.  Il fut d'ailleurs assassiné par ceux qui ne supportèrent pas cette censure, et son despotisme social (critiqué par Ali). Ali pris sa suite, mais composera avec les ex partisants de ce dernier, puis fut assassiné lui-même par ceux qui lui reprochaient sa mansuétude. Néanmoins le courant Chiite lui a survécu, qui considèrent Ali comme le "détenteur des secrets divins et de la signification ésotérique de l'islam", qui lui aurait été transmis par Mahomet.

N.B. : Les quatre 1ers califes sont qualifiés (califiés) de "bien guidés", donc intouchables par les musulmans, mais on notera que les assassinats d'Othman et d'Ali, révèlent des "guidances" pour le moins divergentes (qui poseront  d'ailleurs les bases de la division des 3 grands premiers courants divergents de l'islam : sunnite, chiite et kharidjite). Et si Ali fait partie de ces "bien guidés", c'est d'avoir précisément refusé de condamner les abus de son prédécesseur Othman), pour éviter un schisme de l'Islam - mais qui aboutira à un 3ème schisme, en plus de celui qu'il voulut éviter.

Du fait, c'est la dynastie désormais héréditaire des Omeyyades (famille d'Othman) qui pris le pouvoir, en massacrant les chiites. Ils intronisèrent définitivement leur Coran (d'Othman).

En définitive, on voit bien que le Coran "officiel" ne fut jamais que le résultat d'une lutte d'influence pour le pouvoir terrestre. Comprenons bien : Les Omeyyades avaient leurs propres érudits Coraniques : Ils avaient été remplacés par Ali considéré comme plus érudit qu'eux sur la question. En revenant au Pouvoir les Omeyyades ont expurgé de leur  Coran officiel tout ce qui venait d'autres érudits : Qui aurait permis à leurs partisans de revendiquer le pouvoir terrestre au nom de cette érudition. La question n'était donc pas tant théologique, qu'à proprement parlé stratégique.

Et soyons clair, les fortes exhortations de ce Coran à ne pas remettre en cause son contenu visaient plus à terroriser les partisans des autres prétendants au pouvoir par leur grande érudition (leur connaissance de leurs versets ...censurés), qu'à mettre en garde le Musulman de base contre une remise en cause de la parole de Mahomet en elle même. D'où découle probablement les germes du caractère intégriste de toute lecture ultérieure de ce Coran... N'oublions pas le massacre des Chiites ! Je ne prends pas partie d'ailleurs, je constate simplement les effets d'une guerre de pouvoir intérieure dans la pollution de la genèse d'une Foi.

Rappelons qu'Othman était un despote social et népotique, assoiffé de pouvoir, il ne serait donc pas étonnant qu'il fit passer dans son Coran les questions théologiques essentielles à l'arrière plan, pour mettre en avant des règles sociales strictes, qui lui permirent de mieux soumettre ses "ouailles" à son autorité. Ce que fit d'ailleurs aussi la chrétienté une fois intronisée religion d'état ; Sauf que les textes était déjà trop connus pour être dévoyé en profondeur, ce qui ne l'empêchapa de choisir 4 évangiles parmi les 30 en circulation alors, en éradiquant les autres. Mais l'Islam le fit d'emblée de façon plus brutale.

Et l'on peut donc se demander si les contradictions entre la Miséricorde et la Clémence Divine constamment réaffirmeés d'un coté, et les "règles" assez lapidaires et "brutales" de l'autre ne sont pas l'oeuvre d'une relative "manipulation" d'Othman sur la transcription du texte. Non qu'il soit franchement faux, mais tout du moins "orienté" de façon à faire passer le subalterne en avant pour assoir son pouvoir en reléguant l'essentiel au second plan ?


Bref, la position despotique initiale des Omeyyades dans la défense de leur pouvoir au travers de leur Coran a rendu problématique toute prise de distance ultérieure avec ce dernier, voir toute ouverture avec une lecture plus souple du texte fondateur.

Et l'Islam reste scotché à ce dernier, et surtout à la posture que celui qui détient la "bonne" interprétation peut prétendre au pouvoir terrestre, d'où maint dérives intégristes visant à inféoder le croyant à telle ou telle lecture du texte, c'est à dire l'inféoder à celui qui l'interprète prétendument fidèlement : Tout ceci dans une posture coercitive hérité de sa genèse.

L'Islam ne pourra prétendre sortir de cette ornière qu'en pratiquant une "cathasis" de cette genèse.

Soyons clairs qu'Ali n'a jamais brtgué le pouvoir terrestre pour lui même, il ne pris le poste de calife que sous la pression de la vindicte populaire contre le despotisme social d'Othman qui venait d'être assassiné, sa mansuétude (à l'intar du Très Miséricordieux, et très Clément) lui vaudra même d'être lui-même assassiné par les revanchards contre Othmam. Quand à Ibn Massoud, Il ne briguera jamais aucun pouvoir terrestre.

Ils sont en eux même détenteurs de la pureté originelle de l'Islam dévoyé à des fins terrestre par Othman. Mais revenir aux origines de l'Islam reviendrait à remettre en cause le sunnisme à l'heure actuelle (90 % des musulmans), alors même que les chiites sont eux même de plus en plus imprégnés du despotisme coercitif "génétique" de leurs ennemis héréditaires, et désormais fort peu enclin à remettre en cause la version du Coran qui créa leur schisme pourtant.


Nonobstant, les versions palpables les plus anciennes connues dudit Coran datent de 400 ans après Mahomet, et sont loin d'être limpides quand à leur traduction en arabe moderne :

Ainsi les Versets transcrits les plus anciens sont fort compliqués à comprendre en arabe moderne. Leur écriture était des plus frustes : sans voyelle, sans accent, et sans ponctuation. Du fait nombre mots portent à interprétation (Une voyelle ou accent à la place d'un autre en font un mot différent, et un sens différent au verset donc), en plus du sens général des phrases qui peut changer suivant qu'on décide de "ponctuer" la phrase à un moment où à un autre. Par exemple " L'élève, dit le professeur, est un imbécile ", ou bien " L'élève dit : le professeur est un imbécile ", confère à la phrase ses sens diamétralement opposés.

Un trop grand respect du texte moderne est sans doute entaché de maints trahisons du texte initial, déjà lui même historiquement tronqué nous l'avons vu.

En ces sens l'Islam a un bon bout de chemin a parcourir pour prétendre être à la hauteur de la révélation initiale, sans doute assez éloignée d'un texte entaché de contingences terrestres pourtant érigé comme intouchable (de part son histoire "génétique").

Une autre ouverture plus théologique qu'historique :

A considérer les "sanctions" préconisées dans le Coran comme "ce que devrait craindre l'humain de la colère divine", on doit alors relativiser ce qui est applicable sur terre à la mesure de ce que dit le Coran de la colère divine : Sa Mansuetude et Sa Clémence l'emporte TOUJOURS sur sa colère. En d'autre terme, les sanctions préconisées par le Coran ne seraient pas  applicables telles que sur terre : Il ne conviendrait pas d'y relayer le courroux divin sur les humains à travers ces préceptes alors même qu'Allah aurait déjà possiblement exercé Sa Divine Clémence.

En fait il est impossible de savoir pour un croyant si Allah a été clément ou pas à propos de tel ou tel acte, (sauf que Sa Clémence l'emporte toujours !) Il s'est écrit qu'il faut sanctionner tel ou tel acte (car courroussant Allah potentiellement), mais en même temps Il est aussi éccrit qu'Allah exerce Sa Clémence quasi systématiquement. A la limite aucune sanction n'est à prendre AU NOM D'ALLAH. Ce qui pose un problème d'ordre public à terme... Cette lecture ouvre la voie au laxisme le plus total : Ne jamais sanctionner (au Nom d'Allah).

Ce qui en soi ouvrirait la voie à la laicité : Si on n'y pourrait jamais sanctionner au nom d'Allah, on peut le faire au nom de la communauté... Et même si cela courrousse Allah qu'on sanctionne parfois ce qu'il a déjà pardonné, le même principe s'applique : "s'Il est en colère contre cette sanction à l'encontre de sa volonté, sa Clémence est sensée prendre le dessus systématiquement". L'Islam pourrait être  à priori vachement "cool", c'est la lecture du Coran trop littérale sur certains versets pris  isolément hors contexte global du Coran dans son ensemble qui pose problème.

Rappelons que tout ceci s'applique aux non-croyants aussi sur terre, Ils ne seront écartés de la divine Miséricorde que dans l'au delà, pas avant.

Le Coran n'est pas trop prolixe en fables et miracles

A priori ce serait plutôt bien, mais non.

La chrétienté, très attachée à la bible, s'est longtemps accrochée à l'histoire de la genèse... jusqu'à ce qu'elle soit battue en brèche par la science sur la réalité vérifiable. Du coup toute lecture littérale du texte  a du être proscrite pour une lecture "symbolique"... lecture symbolique renvoyant à des interprétations forcément plus souples qu'une lecture littérale. Souplesse permettant au texte de garder une certaine crédibilité face à la science, mais qui permit aussi d'adapter la théologie aux évolutions sociétales.

Le Coran étant plus proche des contingences matérielles, sa remise en cause par affabulation en est plus difficile. Et si le Coran reconnait la bible comme officiellement valable, le seul texte réellement sacré pour un musulman reste le Coran et lui-seul.

Heureusement, si on peut dire, le Coran a pompé quelques passages sur la bible en particulier sur Adam et Eve et leurs descendants. De fait, le musulman un peu érudit se trouve dans le questionnement de savoir s'il faut lire le créationnisme livré dans le texte de façon littérale ou méthaphorique. Donc voir la religion comme compatible ou pas avec les données scientifiques qui s'accumulent de plus en plus avec la filiation de l'humain avec le singe.

Plus ou moins officieusement, pour le musulman de base, l'humain aurait été créé par Allah sous forme d'Homo Sapiens voici 200 000 ans en Etiopie. Le Cromagnon serait apparu sur terre directement sans ascendance (Adam).
Tout autre concept est hérétique pour l'instant. Mais des brèches ne manqueront pas de s'ouvrir à chaque chaînon manquant qui apparaîtra, nonobstant des gènes de néanderthal ont été retrouvé dans l'homme moderne en en faisant un hybride cromagnon-néanderthal,, or pour le coup les chaînons manquants entre singes et néanderthal ont été clairement identifiés.

Bref tôt ou tard, le Coran va se retrouver nez à nez avec des preuves scientifiques contraire au texte : ment-il ou est-til méthaphorique ? Restera aux musulmans 2 options : nier la science, ou quitter une lecture littérale du Coran pour une lecture symbolique.
Et vu la tendance actuelle ça risque carrément de créer un shisme.

Car à partir du moment où un verset doit être lu méthaphoriquement, se pose la question de quels autres versets aussi, et pourquoi pas tous ? Or le Coran rythme la vie du musulman de la naissance à sa mort, il codifie sa vie : Etre musulman c'est s'y conformer. Donc si le code perd sa valeur littérale, sa précision n'est plus, et donc toute interprétation méthaphorique exotique peut y être opposée, en particulier la gestion sociale.

Si la codification sociale n'est plus à prendre au pied de la lettre, ça laisse entrevoir que cette codification était valable à l'époque de Mahomet et à prendre comme exemple d'adaptation de la volonté divine au contexte d'alors ; Mais serait donc aussi à adapter au contexte actuel de façon tout aussi métaphorique.

Bref une révolution, mais qui ne se fera pas sans heurt entre créationnistes littéraux et modernes métaphoristes (acceptant les données scientifiques)

 

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